11 avril 2023

Autonomisation des agriculteurs: améliorer les exportations horticoles de la Zambie

by Inga Chilashvili Chenge Nyagweta / in Récit d'expérience

Le secteur horticole zambien a été confronté à de grandes difficultés ces dernières années, de sorte que les agriculteurs locaux ont du mal à exporter leurs produits sur le marché mondial de l'alimentation. Que ce soit la lenteur du traitement à la frontière ou l'insuffisance des ressources et l'inadéquation de la législation, le secteur a été confronté à une multitude d'obstacles qui ont entravé sa croissance et sa compétitivité.

L'agriculture est un secteur exigeant, en particulier pour ceux qui cherchent à être compétitifs sur le marché mondial. De nombreux agriculteurs zambiens ne sont pas en mesure de satisfaire aux normes internationales et aux autres prescriptions des pays importateurs qui pourraient les aider à mettre en œuvre de bonnes pratiques agricoles et à se faire une place sur la scène internationale.

Toutefois, en dépit de ces difficultés, on observe quelques signes de réussite. York Farms Ltd, une exploitation commerciale basée en Zambie, est un parfait exemple de ce qui peut être réalisé lorsque l'on adopte de bonnes pratiques commerciales et que l'on fait preuve de dévouement et si l'on bénéficie d'un soutien et de ressources appropriés. Créée en 1995, York Farms est spécialisée dans la culture et le conditionnement de légumes frais et de roses pour l'exportation et la consommation locale. L'entreprise possède deux fermes, l'une située à Makeni, au sud‑est de la capitale, Lusaka, et l'autre dans une zone rurale à 30 km à l'ouest de Lusaka, connue sous le nom de Kashima Farm. Avec une main‑d'œuvre d'environ 650 à 800 employés, dont la plupart viennent des communautés voisines, York Farms exporte la plupart de ses produits vers des pays tels que l'Allemagne, le Royaume‑Uni, la Nouvelle‑Zélande et l'Afrique du Sud. Cet incroyable exploit a été rendu possible grâce à l'intégration de l'entreprise dans la chaîne d'approvisionnement mondiale des produits agricoles et au respect des normes internationales.

Le Cadre intégré renforcé (CIR) et le Fonds pour l'application des normes et le développement du commerce (STDF) ont collaboré dans le cadre d'un projet dans le domaine sanitaire et phytosanitaire (SPS) visant à améliorer la capacité phytosanitaire des secteurs d'exportation de produits à base de plantes de la Zambie. Cette collaboration, mise en œuvre par l'intermédiaire du Ministère du commerce et du Service des normes phytosanitaires et de la phytoquarantaine (SNPP), a permis à la Zambie d'exporter, entre autres, des myrtilles et des avocats vers la Chine et l'Afrique du Sud et d'améliorer ainsi les conditions de vie de la population zambienne. Le projet a également contribué à l'élaboration d'une stratégie régionale pour la surveillance des organismes de quarantaine phytosanitaire afin d'optimiser l'utilisation des ressources limitées, ce qui a permis de valider un projet de cadre sur les modalités de partage des coûts et des ressources pour les activités opérationnelles régionales dans le domaine SPS. Le projet a permis de renforcer les capacités des cadres supérieurs du SNPP dans les négociations techniques bilatérales sur les marchés, ce qui était nécessaire pour satisfaire les demandes d'accès aux marchés émanant de la Chine et de l'Afrique du Sud pour divers produits.

En outre, grâce au soutien du CIR et du STDF, il a été possible d'élaborer un projet de norme nationale sur les programmes prérequis relatifs à la sécurité sanitaire des produits alimentaires et à l'analyse des risques et la maîtrise des points critiques (HACCP), qui constitue un élément essentiel du processus de production des entreprises souhaitant être certifiées pour l'exportation. Dans le cadre du projet, des dossiers d'information sur les parasites du riz et des ananas ont également été validés en vue de l'accès aux marchés, et les efforts déployés pour élaborer une liste régionale d'organismes de quarantaine devraient permettre d'accroître le commerce et la coopération au niveau régional.

Comme elle respecte les normes internationales, York Farms fait partie d'un petit groupe d'entreprises des pays les moins avancés (PMA) qui ont réussi à s'intégrer dans la chaîne d'approvisionnement mondiale des produits agricoles. Ces normes exigent des agriculteurs qu'ils luttent contre les parasites et qu'ils travaillent en étroite collaboration avec le SNPP de la Zambie pour s'assurer que leurs produits satisfont aux exigences du pays importateur.

Le respect de ces exigences n'a pas toujours été une tâche aisée pour York Farms. Mais grâce au soutien et à la collaboration du gouvernement zambien, du CIR et du STDF, York Farms a pu améliorer ses pratiques de lutte contre les parasites et limiter les interceptions et les rejets. Cela s'est avéré bénéfique non seulement pour l'entreprise, mais aussi pour d'autres agriculteurs zambiens, qui ont ainsi pu comprendre les exigences à respecter pour vendre leurs produits à l'étranger.

Cette coopération a permis de réduire les délais de traitement et les coûts de transport, de renforcer les capacités d'inspection et de conquérir de nouveaux marchés pour les produits de l'horticulture et de la floriculture
 

Malgré ces avancées, de nombreux producteurs en Zambie continuent de se heurter à d'importants obstacles pour l'exportation de leurs produits. Le manque de fonds, l'accès limité aux marchés et la formation inadéquate figurent parmi les principaux problèmes auxquels ils sont confrontés. Il faut redoubler d'efforts pour que ces agriculteurs et ces entreprises agricoles puissent bénéficier des ressources et du soutien nécessaires pour accéder aux marchés internationaux et y être compétitifs.

En fin de compte, l'agriculture dans les PMA est plus qu'une simple activité, c'est un mode de vie. Les agriculteurs travaillent sans relâche pour remplir nos assiettes et ils méritent notre soutien indéfectible. Avec l'aide et les ressources appropriées, ces agriculteurs peuvent prospérer et contribuer à nourrir le monde.

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