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Février 15, 2022

Alors que la pandémie se calme, la longue route du rétablissement se dessine pour les PMA

À l'instar de nombreux patients confrontés à la COVID longue, pour les pays à faible revenu, la route du rétablissement après la pandémie est longue et difficile, mais pas insurmontable.

Alors que les effets les plus graves de la COVID‑19 commencent à se dissiper, la Banque mondiale a averti que dans un avenir proche, la production dans les pays émergents et les pays en développement resterait considérablement inférieure aux niveaux d'avant la pandémie.

Croissance inégale escomptée

La croissance mondiale s'est redressée pour atteindre 5,5% en 2021 – le taux le plus élevé après une crise depuis 80 ans – alors que l'assouplissement des restrictions liées à la pandémie a libéré la demande accumulée. Toutefois, un ralentissement est attendu avec un taux de croissance de 4,4% en 2022 et de 3,2% l'année prochaine en raison de l'affaiblissement de la demande, du risque de voir apparaître de nouveaux variants et des goulets d'étranglement au niveau de l'approvisionnement a indiqué la Banque mondiale dans un nouveau rapport.

Les pays riches devraient rebondir plus rapidement et la Banque mondiale a précisé que la reprise serait plus lente dans les pays à faible revenu, en particulier dans les pays de petite taille, fragiles ou touchés par un conflit et ce en raison des taux de vaccination plus bas, des politiques budgétaires et monétaires plus serrées et des stigmates de la pandémie plus persistants.

Dans les pays à faible revenu, la croissance a atteint 3,3% en 2021, mais la demande intérieure reste en demi‑teinte en raison des pertes d'emploi causées par la COVID‑19, des ressources limitées dont disposent les pouvoirs publics pour soutenir les revenus et des conflits qui touchent l'Éthiopie, l'Afghanistan, le Burkina Faso et d'autres pays.

La dépendance des PMA à l'égard des produits de base nuit à la reprise

En 2022, les économies des PMA devraient afficher un taux de croissance plus élevé de 4,9% grâce à une hausse des prix des produits de base et à une reprise dans les secteurs de l'agriculture et des industries minières – mais ce taux est inférieur au taux de croissance moyen de 5,5% enregistré entre 2000 et 2019.

La reprise devrait s'accélérer en 2023, avec une croissance de 5,9%, mais de nombreux PMA continuent de dépendre des industries extractives et sont vulnérables face à la volatilité des prix des produits de base.

Même si la reprise se poursuit, les effets de la pandémie persisteront pendant de nombreuses années. D'après le rapport de la Banque mondiale, en 2023, au moins une économie sur deux en Asie de l'Est et au Pacifique, en Amérique latine et aux Caraïbes, au Moyen‑Orient et en Afrique du Nord et deux économies sur cinq en Afrique subsaharienne seront toujours en‑deçà de leurs niveaux de PIB par habitant de 2019. Si les restrictions en matière de voyages sont maintenues, les économies des pays à faible revenu qui dépendent du tourisme pourraient rester "sous l'eau" encore plus longtemps.

En 2022, dans la moitié des PMA, le revenu par habitant devrait rester inférieur aux niveaux d'avant la pandémie. Les pays fragiles ou touchés par un conflit sont les plus durement affectés.

Après le statu quo de 2020, les brusques fluctuations ont été enregistrées en nombre l'année dernière. Les prix des matières premières ont augmenté en raison de la demande comprimée et les prix des produits agricoles ont connu une hausse de 23% en moyenne, du fait d'importations sans précédent de la Chine et de perturbations de l'approvisionnement provoquées par les conditions climatiques. Les échanges mondiaux ont connu une croissance de 9,5% et les coûts d'expédition ont fortement augmenté – se retrouvant multipliés par six lors de leur pic d'octobre 2021 par rapport à leurs niveaux de 2019.

Toutefois, les perspectives demeurent incertaines. Après avoir connu une croissance rapide début 2021, le commerce mondial a marqué le pas en raison d'une demande plus faible pour les produits échangés et de goulets d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement. La croissance du commerce mondial devrait ralentir pour s'établir à 5,8% en 2022 et à 4,7% l'année prochaine compte tenu de la baisse de la demande. Dans son rapport, la Banque mondiale souligne le risque que les goulets d'étranglement dans l'approvisionnement empirent à court terme et que le protectionnisme se renforce à long terme.

La production industrielle dans les marchés émergents et les économies en développement a déjà ralenti et les nouvelles commandes de biens manufacturés restent en demi‑teinte alors que la demande extérieure s'affaiblit et que les goulets d'étranglement dans les voies d'accès aux marchés persistent.

Le financement du commerce et les investissements au cœur des efforts de relance

Dans son rapport, la Banque mondiale fait des recommandations générales aux pays à faible revenu pour qu'ils puissent reconstruire mieux, plus vite et de manière plus solide. L'une de ces recommandations consiste à accélérer la vaccination et à en élargir l'accès afin de réduire la vulnérabilité face à la COVID‑19 et à tout nouveau variant qui pourrait apparaître. Cette mesure doit être combinée à des efforts pour contrer les fortes hausses en matière de pauvreté et d'insécurité alimentaire dans certains des pays les plus durement touchés.

Les marchés émergents et les économies en développement doivent réduire leur dépendance à l'égard des exportations de produits de base en diversifiant leurs exportations et leurs portefeuilles de biens nationaux.

Il convient que les pays redéfinissent les priorités en matière de dépenses publiques et de mécanismes de subvention et prennent des mesures pour élargir l'assiette fiscale.

En outre, la Banque mondiale relève que les pays à faible revenu ont besoin de mesures pour faciliter le commerce transfrontières et l'investissement qui, associées à des réformes destinées à améliorer le climat des affaires, le capital humain et physique, peuvent aider ces pays à générer la croissance de la productivité nécessaire pour rattraper le revenu par habitant des économies développées.

Les PMA auront également besoin d'aide extérieure. En 2022, les pays à faible revenu devraient payer 35 milliards d'USD pour le service de la dette bilatérale et sur le marché privé. Toute initiative d'allègement de la dette libérera des ressources qui pourront être investies dans la reconstruction des économies.

Par ailleurs, de nombreux PMA n'ont pas accès aux marchés financiers internationaux, malgré des conditions généralement favorables. Examiner les possibilités de financement du commerce pour réduire le coût de l'activité commerciale et stimuler les exportations accélèrera la reprise.

À l'instar de nombreux patients confrontés à la COVID longue, pour les pays à faible revenu, la route du rétablissement après la pandémie est longue et difficile, mais pas insurmontable.

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