Maximiser les avantages liés à la qualité de Membre de l'OMC: la vie après l'accession pour l'Afghanistan et le Libéria

Nairobi, 19 juillet 2016

Les possibilités et les difficultés liées à la manière dont l'Afghanistan et le Libéria peuvent exploiter pleinement leur accession à l'OMC avec le soutien des partenaires de développement étaient au cœur des discussions d'aujourd'hui lors du petit‑déjeuner du Forum de haut niveau sur l'après‑accession qui s'est tenu en marge de la quatorzième session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED XIV) à Nairobi.

Cet événement faisait suite à l'approbation des Protocoles d'accession de l'Afghanistan et du Libéria par la dixième Conférence ministérielle de l'OMC en décembre 2015.

"Ce forum est symbolique à de nombreux égards. En décembre dernier, dans cette même ville, les Protocoles d'accession du Libéria et de l'Afghanistan ont été formellement approuvés par les Ministres de l'OMC au cours de la dixième Conférence ministérielle. Comme beaucoup d'entre vous s'en souviennent peut‑être, les décisions relatives à l'accession de ces deux PMA ont été une source d'inspiration et ont créé une dynamique positive pour le résultat historique auquel la Conférence ministérielle de l'OMC à Nairobi est parvenue à l'issue de cinq jours de négociations intensives", a déclaré M. Frederick Yonov Agah, Directeur général adjoint de l'OMC, tout en félicitant l'Afghanistan et le Libéria d'avoir déployé des efforts intensifs pour leur accession à l'OMC et de mettre à profit cette accession pour poursuivre des réformes intérieures fondées sur les valeurs essentielles de l'OMC que sont la non‑discrimination, l'ouverture des marchés, la primauté du droit et la bonne gouvernance.

"Le Forum sur l'après‑accession qui se tient aujourd'hui s'inspire des résultats des deux activités de l'après‑accession en ramenant le Libéria et l'Afghanistan ensemble au stade où ils ont entrepris leur voyage postérieur à l'accession il y a sept mois", a ajouté M. Agah en célébrant l'accession des deux pays; il a également souligné les possibilités que la qualité de Membre de l'OMC offrirait à leur économie et a appelé la communauté internationale à accentuer son soutien à leur égard, afin que tous les citoyens de ces deux nouveaux Membres de l'OMC puissent en ressentir les avantages. "Les accessions du Libéria et de l'Afghanistan ont enrichi de façon importante le système commercial multilatéral, a‑t‑il déclaré. Consolidons ensemble leur intégration dans le système grâce à un soutien bien établi après l'accession. Le Secrétariat de l'OMC est prêt à faire sa part, en s'appuyant sur le partenariat de longue date avec vous tous."

"Nous avons parcouru un long chemin depuis 2004, lorsque l'Afghanistan a présenté sa demande d'accession à l'OMC. Depuis, nous avons mis en œuvre des réformes importantes sur le plan politique, juridique et institutionnel, en conformité avec les règles, principes et Accords de l'OMC", a déclaré le Ministre afghan du commerce et de l'industrie, S.E. M. Humayoon Rasaw, reconnaissant le soutien que l'Afghanistan avait reçu des partenaires de développement bilatéraux et des institutions multilatérales et régionales, qui avait permis de mener à bien les négociations dans des circonstances difficiles et avec des capacités limitées.

M. Rasaw s'est également engagé à maximiser les avantages liés à la qualité de Membre de l'OMC en poursuivant la modernisation et la réforme de l'économie nationale, en accélérant la croissance et le développement et en obtenant un accès stable et non discriminatoire pour les exportations afghanes ainsi qu'en améliorant l'environnement économique et en intégrant le pays dans l'économie mondiale fondée sur des règles. "Nous sommes conscients qu'un soutien continu après l'accession restera essentiel au cours de ce processus, a‑t‑il ajouté. Je voudrais réitérer la détermination et l'engagement de l'Afghanistan à respecter les règles du système commercial multilatéral. Nous estimons que l'adhésion aux dispositions des Accords de l'OMC est essentielle pour renforcer la primauté du droit, améliorer la transparence et établir les fondements d'un développement économique sain en Afghanistan."

Remerciant les Libériens et les autres partenaires de développement, y compris le Cadre intégré renforcé (CIR), S.E. M. Axel Addy, Ministre du commerce et de l'industrie du Libéria, a dit que son pays avait passé huit années à négocier son accession à l'OMC. "L'accession à l'OMC pose les fondements d'un système qui favorise la croissance économique inclusive, attire des investissements étrangers et crée un environnement axé sur l'accroissement des échanges internationaux, a‑t‑il souligné. Nous sommes fiers aujourd'hui d'être un Membre officiel de l'OMC et souscrivons à ses règles et à ses valeurs."

M. Addy a évoqué la mise en œuvre après l'accession du Libéria, soulignant que cette accession était liée au Plan national de développement du Libéria, baptisé Programme de travail pour la transformation. "Notre accession est considérée comme un élément essentiel du programme de réformes intérieures destiné à diversifier notre économie, à promouvoir le commerce international et à encourager les investissements locaux et étrangers au‑delà des industries extractives traditionnelles", a‑t‑il indiqué. Pour faciliter une transition harmonieuse entre les négociations sur l'accession et la mise en œuvre après l'accession, des mécanismes institutionnels et juridiques de base fondés sur des priorités essentielles ont été identifiés et incorporés dans un plan, le Plan pour l'après‑accession du Libéria (LPAP). Ce plan reprend les priorités ciblées figurant dans la Stratégie nationale d'exportation et l'étude diagnostique sur l'intégration du commerce parrainée par le CIR, ainsi que dans la Politique commerciale nationale. M. Addy a souligné en conclusion la vision commerciale du Libéria: "Nous réaffirmons l'histoire du Libéria comme étant celle de la résilience, de la transformation et de la croissance en dépit des difficultés."

Les Directeurs exécutifs de l'ITC et du CIR, deux des partenaires internationaux qui ont soutenu les accessions de l'Afghanistan et du Libéria, ont formulé des remarques. Mme Arancha Gonzalez a offert des conseils sur la stratégie de soutien après l'accession: "L'ITC a accompagné ces deux pays sur le chemin vers l'accession. Et il restera un partenaire indéfectible au cours de cette importante phase de l'après‑accession, pour laquelle je dis: "une fois à l'OMC, allez plus loin!". Car, bien entendu, ce qui importe réellement aujourd'hui, c'est d'aider ces deux pays en particulier – en raison notamment de leur situation difficile – à se développer et à créer des emplois grâce au commerce."

Quant à M. Ratnakar Adhikari, concrétisant sa promesse faite au cours de la dixième Conférence ministérielle selon laquelle le CIR apporterait un soutien à l'Afghanistan et au Libéria, il a expliqué comment le CIR apportait une aide concrète à ces deux pays six mois après la Conférence. En ce qui concerne l'Afghanistan, il a souligné que le soutien du CIR serait harmonisé avec les priorités formulées dans le Dialogue sur les politiques concernant la mise en œuvre après l'accession, notamment en ce qui concerne la facilitation des échanges, le soutien aux MPME, la promotion des exportations et le renforcement des capacités institutionnelles pour les secteurs public et privé.

M. Adhikari a ensuite expliqué comment le programme du CIR aidait le Libéria à mettre en œuvre sa stratégie postérieure à l'accession en appuyant l'Unité individuelle de mise en œuvre des projets, qui coordonne divers projets d'assistance technique arrivant au Ministère, en aidant les secteurs clés du tourisme et du mobilier en bois, avec l'assistance technique de l'ITC, et en apportant un soutien pour mobiliser des ressources supplémentaires et assurer une mise en œuvre effective. "Avec son Fonds d'affectation spéciale, le CIR est prêt à aider l'Afghanistan et le Libéria à s'approprier pleinement et à mettre en œuvre un programme pour le commerce favorable à la croissance durable au profit des populations pauvres, ainsi qu'à renforcer sa compétitivité et sa présence sur les marchés internationaux selon les besoins", a‑t‑il dit en conclusion.

S.E. M. Pan Sorasak, Ministre du commerce du Royaume du Cambodge, a également fait part de l'expérience du Cambodge quant à l'utilisation du CIR pour mettre en œuvre sa stratégie de l'après‑accession et à l'instauration d'un environnement favorable à l'investissement, à la mise en place d'un cadre réglementaire pour la facilitation des échanges et à l'utilisation du programme du CIR pour soutenir des secteurs clés qui stimulent la croissance économique.

En conclusion de cet événement, M. Joakim Reiter, Secrétaire général adjoint de la CNUCED et ancien Président du Groupe de travail de l'accession du Libéria, a souligné que l'accession à l'OMC était très importante et exigeait une appropriation complète, un engagement politique et une intégration dans un plan national global. "Ces réformes soutenues nécessitent une assistance soutenue, pour laquelle la CNUCED est prête à apporter son aide", a‑t‑il fait observer.

 

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Notes pour les journalistes

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) s'occupe des règles régissant le commerce entre les pays. Elle a pour fonction principale de favoriser autant que possible la bonne marche, la prévisibilité et la liberté des échanges. Tout État ou territoire douanier jouissant d'une entière autonomie dans la conduite de sa politique commerciale peut devenir Membre de l'OMC ("accéder" à l'OMC), aux conditions convenues avec tous les Membres de l'Organisation. Pour cela, un groupe de travail composé des Membres de l'OMC est établi et un processus de négociation est engagé.

Le CIR est un fonds d'affectation spéciale multidonateurs qui fournit une aide financière et technique pour renforcer les capacités commerciales des 48 PMA existants et de 3 pays récemment sortis de cette catégorie. Le CIR, dont l'administration est hébergée par l'OMC, est le seul programme mondial d'Aide pour le commerce exclusivement destiné aux PMA et il se trouve de ce fait exceptionnellement bien placé pour aider les pays à mettre au point des stratégies commerciales durables ayant un impact positif sur le bien‑être des populations grâce à la promotion du développement du secteur privé et à la création de possibilités d'emploi et de revenu.