Novembre 26, 2019

Phouvieng Phongsa: Examen du parcours commercial de la RDP lao

Le Directeur général adjoint du Département de la planification et de la coopération, qui relève du Ministère de l'industrie et du commerce de la RDP lao, aborde les questions de l'harmonisation du commerce, de l'intégration régionale et de la gestion judicieuse des ressources.

Pouvez vous résumer l'état des échanges commerciaux en RDP lao?

La croissance économique moyenne de la RDP lao a été d'environ 7,1% au cours de la dernière décennie. Cela est en partie dû au fait que nous sommes entourés par de grands pays exportateurs comme la Chine et la Thaïlande. Mais nous pourrions avoir plus de demande en termes d'exportations et aussi attirer une plus grande part des investissements qui arrivent dans la région.

Concernant notre économie, nous essayons de la déplacer des industries extractives et de l'hydroélectricité vers la transformation et l'industrie agroalimentaires. Notre économie est actuellement fondée sur les ressources et nos exportations ont représenté 4,5 milliards de dollars EU en 2018, mais elles proviennent principalement des industries extractives et du secteur de l'hydroélectricité. Certaines branches de production se développent aussi lentement, comme le tourisme, les vêtements, le bois et les produits du bois, et l'agro industrie. En 2018, nos principaux produits d'importation ont été les combustibles et certaines marchandises, en partie en raison de la construction de la voie ferrée entre Kunming et Singapour – entre Kunming, la RDP lao, la Thaïlande et Singapour il y aura une voie de transit pour les marchandises entrant dans le pays. Nous avons aussi d'autres projets d'infrastructure dans le pays qui pourraient entraîner l'importation de combustibles, de matériaux de construction et d'autres marchandises.

S'agissant de l'évolution de notre paysage commercial au cours de la dernière décennie, il n'a pas beaucoup changé – nous dépendrons encore des industries extractives et du secteur de l'hydroélectricité pendant quelques années au moins. Du point de vue de la politique commerciale, la diversification est un aspect essentiel que nous devons traiter, ce qui a été reconnu dans notre Plan national de développement socioéconomique et notre Plan de développement du commerce et du secteur privé, étant donné que la diversification est fondamentale pour notre croissance future.

Que fait la RDP lao pour répondre à cette volonté de diversification et rencontre t elle des difficultés à cet égard?

Nous favorisons la diversification. Par exemple, il y a un nouveau projet dans la région du nord de la RDP lao. Nous avons d'abord travaillé pour minimiser les coûts liés à la conduite d'activités commerciales en aidant à améliorer l'environnement dans les provinces du nord, y compris en améliorant le processus d'enregistrement des entreprises et en facilitant les échanges dans la région, par exemple les exportations vers la Chine.

Avec ce nouveau projet, nous nous concentrons sur des secteurs spécifiques dont le maïs, le thé et le riz ainsi que les produits artisanaux dans les provinces de Luangnamtha, Oudomxay et Phongsaly, dans le cadre des travaux visant à encourager la diversification et à répondre aux difficultés d'exportation. 

Le Ministère a réussi à mobiliser d'importantes ressources extérieures pour soutenir le développement du commerce dans le pays. Pouvez vous expliquer comment?

Nous sommes actifs en ce qui concerne la mobilisation des ressources. Nous avons effectué deux études diagnostiques sur l'intégration du commerce (EDIC), la première en 2006, la deuxième en 2012 et nous travaillons actuellement sur la troisième. Nous avons pu attirer des financements après la publication des deux premières études. En 2006, nous avons créé une unité nationale de mise en œuvre et dans le même temps nous avons établi notre premier fonds d'affectation spéciale multidonateurs, que nous appelons le Fonds pour le développement du commerce (TDF I).

Avec le TDF I, nous avons attiré 6,82 millions de dollars EU en provenance de l'Australie, de l'Union européenne (UE) et de l'Allemagne, avec la Banque mondiale en tant qu'administrateur du fonds. Nous avons rassemblé ces donateurs et mis les ressources dans un panier. Pour le TDF II nous avons obtenu 16,5 millions de dollars EU de la Banque mondiale, de l'Australie, de l'Allemagne, des États Unis et de l'Irlande, et 13 millions de dollars EU pour le Projet pour la compétitivité et le commerce de la RDP lao de la part de l'Australie, de la Banque mondiale et de l'Irlande.

 

 

Comment les efforts commerciaux réalisés par la RDP lao ont ils permis d'arriver à ce résultat?

La RDP lao fait partie de l'Association des nations de l'Asie du Sud Est (ASEAN) et nous sommes entourés d'exportateurs majeurs et d'autres grandes économies comme la Thaïlande et le Viet Nam, sans parler de la Chine. Nous devons rattraper ces pays et je pense qu'avec l'assistance des partenaires de développement nous avons cette possibilité. En outre, depuis que nous participons au Cadre intégré renforcé (CIR) et que nous avons réalisé les EDIC avec ce dernier, nous avons pu établir les priorités de notre programme de développement et attirer des ressources pour financer nos travaux de développement. En soi, nous ne sommes peut être pas le meilleur modèle, mais nous avons une mission et nous agissons en conséquence. Par exemple, nous sommes le premier pays collaborant avec le CIR qui a effectué une EDIC dirigée par le gouvernement, et un certain nombre d'autres pays veulent apprendre de nos pratiques.

Comment le pays travaille t il pour parvenir à ses objectifs commerciaux mondiaux, que tout ce financement contribue à soutenir?

Nous répondons à la diversification par le biais du programme de développement de notre Ministère, en nous appuyant sur trois piliers principaux. Le premier est de promouvoir le renforcement de l'intégration commerciale. Nous avons adhéré à l'ASEAN en 1997 et à l'OMC en 2013; ce sont deux organisations fondamentales sur lesquelles nous devons concentrer nos efforts. L'ASEAN est particulièrement importante pour la RDP lao car la majeure partie de nos exportations vont aux pays voisins, et nous devons donc promouvoir nos échanges interrégionaux ainsi que renforcer l'intégration commerciale dans le cadre de l'OMC. Le deuxième pilier est d'améliorer l'environnement économique et de faciliter les activités commerciales. Le troisième est de contribuer à la compétitivité des entreprises locales pour entrer en concurrence aux niveaux régional et mondial.

Credits

Header image of a woman weaving in Luang Prabang, Lao PDR - ©Deanna Ramsay/EIF

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